-A contest in ancient Greece, as in athletics or music, in which prizes were awarded.
-esprit de compétition, émulation.
-L'agôn ou lutte correspond à l'un des traits caractéristiques de l'âme grecque : l'émulation, le désir d'être le meilleur. En témoignent les inscriptions où les vainqueurs proclament leur gloire d'avoir obtenu la victoire.
-Agôn stephanites : concours récompensé par une couronne de feuillage ; c'était notamment le cas des quatre grands Jeux Panhelléniques.
-Agôn thematikos : concours doté de prix matériels.
-Courant sportif (compétitif)
Il faut différencier les termes agon et païdia. Ce sont tous deux des jeux. Agon est le jeu d'affrontement. Agonia signifie combat, angoisse. Païdia est le jeu éducatif. Païdia signifie jeu, plaisir. Dans les jeux agon, on combattait en l'honneur des dieux. Les Jeux Olympiques, en l'honneur de Zeus, se déroulaient à Olympe. Les Jeux Pythiques, en l'honneur d'Apollon, se déroulaient à Delphes. Les Jeux Isthmiques, en l'honneur de Poseidon, se déroulaient à Athènes. Les premières Olympiades eurent lieu en 776 avant J.C.. Le stade était d'abord une unité de mesure (192 m) puis devint un lieu. La fin des olympiades eut lieu en 393 après J.C.. L'Edit de Théodose interdit les fêtes païennes. Les concurrents des olympiades étaient d'origine grecque. L'alipte était l'entraîneur. L'athlète était un nom réservé aux concurrents des jeux. Le programme des premiers jeux fut le stade, le pugilat, la lutte, le javelot, la course de chars et le disque.
-l'agôn a peu à voir avec la visée de compétition sportive qui veut qu'il y ait un gagnant et un perdant à la fin d'un combat. Car le gain du combat n'est pas le dessus que l'on prend sur un homme, mais exprime la démesure d'être un homme dans un monde habité par des dieux. Ce qui dût être ressenti par les anciens grecs comme un déchirement, n'est peut-être plus pour nous qu'une image évocatrice, dans une époque se cherchant de nouveaux défis, où des rivaux parient sur des combats hors normes et hors gabarits.
-offenses, insultes et bagarres relèveraient de l'agon. Le terme parfois utilisé recouvre, selon la définition de Jean-Luc Boilleau, "la lutte, le concours, la rivalité dans tous les domaines, dans une société où il a été décidé que chacun doit rechercher le prestige pour prouver qu'il est humain" (11). L'agon, pour Boilleau, sous-tend l'existence d'un rapport social : la volonté de briser l'autre, dans le combat sportif ou juvénile, sort de l'isolement. La rixe, engageant toujours au moins deux protagonistes, n'est jamais unilatérale ; elle exige une certaine réciprocité et, comme telle, elle provoque un échange. En outre, dans la rivalité, les pouvoirs s'échangent. Ce qui fait dire à Boilleau que la lutte, quelle qu'elle soit, marque une certaine égalité : mue par le refus d'une supériorité quelconque, elle implique que l'on se reconnaisse comme digne de communiquer avec l'autre. Du reste, le vaincu, sort toujours avec une revanche à livrer. Tout l'ouvrage de Boilleau tend à démontrer que l'agon, par opposition au logos (la raison, la loi universelle), constitue pour ses protagonistes - qu'ils soient jeunes de banlieue ou judokas - un moyen de se refuser à toute domination. Dans l'altercation et l'échange, qui impliquent le face à face, les rivaux annihilent les risques de domination. L'adolescent devient, sur les fonds baptismaux de la théorie de l'agon, un être conscient et agissant. Porté par le refus de la soumission, il ne peut être réduit à la catégorie de victime, d'homme irrationnel et perturbé par un contexte de crise qui induirait son confinement dans la violence.